Du savoir-faire au savoir transmettre : le cheminement de Louise

« Former, c’est une expérience collective qui permet d’aller plus loin ensemble »

Louise Fromageau a participé à la formation « Construire des formations pour le secteur culturel : du savoir-faire au savoir former »  de décembre dernier. Elle a accepté de nous partager la façon dont elle a vécu la formation et son après. 

 

Louise Fromageau est traductrice littéraire, autrice, communicante et aujourd’hui parolière au sein de son entreprise Pimp my song. Pour elle, la question de la transmission de son savoir-faire s’est posée dans le cadre d'une réflexion sur son parcours professionnel et sur l’évolution de son métier avec notamment l’arrivée de l’intelligence artificielle.

En décembre 2025, elle suit ces deux journées de formation animées par Pascale Pontonnier. Elle y arrive avec une envie de prendre du recul, mais aussi avec quelques interrogations : comment identifier ce que l’on peut transmettre ? À quels publics s’adresser ? Comment poser un cadre de formation ? Et surtout, comment se sentir légitime lorsqu’on ne se considère pas encore comme formatrice ?

De son savoir-faire à une envie de transmettre

Louise intervient ponctuellement auprès de musiciens locaux sur des questions liées au texte et à la création sonore. Mais avant la formation, elle peine à considérer pleinement sa pratique de parolière comme un savoir-faire pouvant devenir un objet de transmission.

« J’avais besoin de légitimité. »

Elle souhaite notamment mieux cibler les publics auxquels elle pourrait s’adresser, acquérir des compétences en formation et comprendre les différents éléments qui permettent de construire un cadre pédagogique et notamment son contexte légal. Son expérience de l’animation de groupes reste limitée au secteur associatif.

Pendant cette formation, elle fait un premier pas de côté : regarder sa propre pratique non plus seulement comme un métier, mais comme un ensemble de connaissances, de méthodes et d’expériences susceptibles d’être transmises.

Faire émerger son projet… et gagner en clarté

Au fil des deux journées, c’est aussi la dynamique collective qui marque Louise. Elle évoque une véritable « synergie de groupe », possible grâce à la bienveillance instaurée par la formatrice.

Les profils des participants sont différents et cette diversité devient une véritable richesse : chacun peut trouver sa place et avancer à partir de son propre parcours au sein du groupe. Louise retient notamment cette sensation rassurante de ne pas être seule, de se questionner ensemble sur la manière de passer de son expertise professionnelle à la formation.

La formation agit aussi comme un révélateur. Louise prend conscience d’un point essentiel dans son propre projet : le besoin de clarté.

« Transmettre c’est avant tout faire preuve de clarté dans la proposition initiale. »

Pour elle, il s’agit désormais de mieux baliser son projet, en partant des besoins des futurs participants et des publics auxquels elle souhaite s’adresser. Une étape qui lui permet de passer d’une intuition à une première construction plus précise.

Formaliser sa pratique pour mieux la transmettre

Bien sur, la réflexion ne s’arrête pas à la fin des deux jours. Après la formation, Louise poursuit son cheminement et sa réflexion. Elle bénéficie notamment d’un suivi proposé par Pascale Pontonnier. Elle en ressort avec « un projet et une plus grande exigence ».

Son objectif se précise alors : créer une formation professionnalisante à destination des auteurs-compositeurs.

Et pour construire cette formation, Louise doit revenir à sa propre pratique. Comment crée-t-on une chanson ? Quelles sont les différentes étapes du processus de création ? Que fait-on, concrètement, lorsqu’on écrit et compose ?

Cette démarche de formalisation lui permet de mieux comprendre sa propre façon de travailler, avant de pouvoir à son tour transmettre ce processus et permettre aux participants de s’en emparer pour leurs propres pratiques.

Former : une aventure collective

Cette expérience transforme finalement son regard sur ce que signifie « former ».

Une formation n’est plus un savoir que l’on transmettrait à sens unique, du formateur vers les apprenants. Elle la décrit plutôt comme « une manière de grandir ensemble », une expérience vivante qui évolue en fonction des personnes et des échanges. Les participants en sont les personnages principaux.

Alors, que dirait-elle à un professionnel du secteur culturel qui hésiterait à se lancer dans la formation ?

« Se lancer dans la formation c’est changer de regard sur sa pratique, aborder son savoir-faire sous l’angle de la transmission. »

Et elle ajoute : « Une bonne formation c’est une avancée collective. On apprend tous : le formateur autant que les apprenants ! »

 

Et si former commençait simplement par regarder autrement ce que l’on sait déjà faire ?

Avant la formation, pour Louise, être formatrice c’était « faire défiler des diapos sur PPT ». Aujourd’hui, elle y voit plutôt « une expérience collective qui permet d’aller plus loin ensemble ».

Une belle manière de résumer l’enjeu de cette formation : partir de son expérience, prendre le temps de l’analyser, la structurer… et découvrir qu’un savoir-faire professionnel peut devenir un véritable savoir à transmettre.

 

Merci Louise, pour ce témoignage. 

Article écrit en septembre 2026

 

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